Donner un cap, prendre du recul et rester connecté à ses équipes
Dans le cadre de l’Université d’Été des Entrepreneurs Oise, une table ronde animée par Charles Locquet avec le Général Pierre de Villiers a proposé une réflexion sur les responsabilités du dirigeant face à l’incertitude, la cohésion des équipes et la capacité à préparer l’avenir.
Nourris par les exemples tirés du parcours militaire du Général de Villiers et par les questions des chefs d’entreprise présents, les échanges ont fait ressortir une conviction centrale : pour bien diriger, il faut préserver sa capacité de réflexion et consacrer du temps aux autres.
Les principaux enseignements
Donner un cap, même dans l’incertitude : le dirigeant doit porter une vision pour construire sa stratégie et orienter l’action. Si les chemins peuvent évoluer en fonction des circonstances, savoir où l’on souhaite aller reste indispensable. Le Général de Villiers a également invité les entrepreneurs à chercher, dans chaque difficulté, ce qu’elle peut leur apprendre et comment en tirer avantage.
Faire de la réflexion une véritable priorité : un agenda saturé laisse peu de place au recul et au discernement. À travers son expérience de chef d’état-major, Pierre de Villiers a partagé des pratiques concrètes : réserver des plages dédiées à la réflexion, espacer les rendez-vous et prendre le temps de tirer les enseignements d’une rencontre avant de passer à la suivante. La délégation permet également au dirigeant de se consacrer pleinement à ses responsabilités.
Préserver son équilibre pour rester capable de décider : la fatigue permanente peut fragiliser le jugement et la disponibilité. Protéger sa vie familiale, conserver des loisirs et ménager des temps de respiration permettent de tenir dans la durée et de mieux affronter les périodes de crise. Prendre soin de soi fait ainsi partie des responsabilités du dirigeant envers son équipe.
S’entourer de profils différents : le Général de Villiers a expliqué avoir fait évoluer son entourage professionnel afin d’y intégrer davantage de diversité d’expériences, de générations et de sensibilités. Cette diversité peut demander un effort de compréhension initial, mais elle permet d’enrichir les décisions et de renforcer la performance collective.
Écouter le terrain pour repérer les premiers signes de difficulté : le moral d’une équipe, un regard ou une réponse hésitante peuvent révéler des difficultés que les réunions et les procédures ne permettent pas toujours de détecter. Prendre quelques instants pour saluer, échanger et écouter ses collaborateurs aide à mieux comprendre les situations et à ajuster l’action.
Sortir de l’isolement et entretenir le collectif : face aux difficultés, le repli sur soi peut être un risque. Les rencontres entre entrepreneurs, le partage d’expériences et les réseaux professionnels permettent de nourrir la réflexion et de ne pas rester seul face aux décisions. Dans les périodes difficiles, la confiance et la cohésion du collectif prennent une importance particulière.
Un regard sur les tensions qui traversent les entreprises
Les échanges ont également porté sur les blocages administratifs et institutionnels en France. Sur ce sujet, le Général Pierre de Villiers a exprimé sa crainte d’une rupture provoquée par l’accumulation des tensions, tout en précisant espérer se tromper.
Un échange qui a permis de replacer les préoccupations des dirigeants dans un contexte plus large et de rappeler l’importance, pour les entreprises, de conserver leur capacité d’adaptation face aux incertitudes.
La première décision à prendre dès le lendemain ?
À la question de Charles Locquet sur la première décision à prendre dès le lendemain pour rendre son entreprise plus robuste et plus humaine, la réponse du Général de Villiers a été très concrète : reprendre la maîtrise de son agenda et de son équilibre.
Retrouver du temps pour réfléchir, écouter ses équipes et entretenir les liens qui permettent d’avancer ensemble constitue ainsi un véritable acte de leadership.
Conclusion
Cette table ronde a rappelé que le leadership ne repose pas uniquement sur la capacité à décider. Il suppose aussi de savoir prendre du recul, écouter, s’entourer et préserver son équilibre pour rester pleinement disponible pour son entreprise et ses équipes.
Dans un monde instable, donner un cap tout en restant capable de l’adapter, tirer des enseignements des difficultés et maintenir la cohésion du collectif constituent autant de leviers pour renforcer la résilience de l’entreprise.
Diriger, c’est aussi savoir prendre le temps de réfléchir, de comprendre et de faire grandir ceux qui avancent avec nous.
